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Un héritage de vies brisées
Par Christine Hahn
Reportage spécial pour Justice et Liberté

Le psychiatre n’était ni guérisseur ni héros.



Madeleine fut amenée dans la salle d’opération sur un brancard et préparée pour l’opération, la tête rasée. Une anesthésie locale fut faite sur une partie de sa tête. Le chirurgien ouvrit une partie du cuir chevelu et perça un trou à travers son crâne. Maniant un genre d’instrument de type « spatule », il fit plusieurs incisions rapides dans le cerveau, coupant en va et vient jusqu’à l’arrière du crâne. Pendant que le chirurgien travaillait, le psychiatre Ewen Cameron se tenait près de la jeune femme, en la pressant de questions jusqu’à ce qu’il soit certain que le chirurgien ait atteint le résultat souhaité. Lorsque Madeleine eut le regard fixe, sans expression, et qu’elle ne put que grommeler en guise de réponse, « l’opération » cessa. Madeleine vécut le reste de ses jours en automate, à l’intérieur d’un asile de fous.


Madeleine Smith, speakerine de 28 ans, fut juste l’une des victimes des expériences macabres conduites dans les années 50 et au début des années 60 sous Ewen Cameron, à l’institut Allan Memorial de l’Université McGill de Montréal.

Ces expériences faisaient partie du fameux programme « MK ULTRA » conduit sous la direction du U.S. Central Intelligence Agency (C.I.A.) dans les années 50 et 60, exposé dans les médias américains ainsi qu’aux audiences du Congrès des États-Unis dans les années 70. Les patients étaient brutalisés et mutilés au moyen de drogues, de chocs et de lobotomies alors que Cameron cherchait un moyen de « désarranger » et « re-programmer » le mental humain.

Les survivants canadiens encore capables de chercher à obtenir réparation ont finalement reçu une compensation du gouvernement américain en 1988.

Pratiquement tous les comptes-rendus de ce chapitre sombre de notre histoire nous mènent à Cameron, qui décéda en 1967, comme étant le principal coupable, responsable de ces traitements vicieux de patients dans les ailes psychiatriques des hôpitaux du pays.

Cependant, des preuves ont existé depuis lors, démontrant que les expériences humaines psychiatriques étaient loin d’être des cas isolés, qu’elles soient ou non subventionnées par des agences de renseignement, et que l’état d’esprit qui les autorisait était tout à fait répandu dans la psychiatrie canadienne, même des décennies après que ces événements d’étaient produits.

« Ce n’étaient pas des expériences criminelles que d’utiliser les gens comme cobayes, » déclara en 1984 au Montreal Gazette, Heinz Lehmann, psychiatre collègue de Cameron, alors qu’il décrivait les efforts de ses contemporains. Lehmann enseignait à McGill et devint le directeur clinique du Allan Memorial en 1958, poste qu’il occupa jusqu’en 1971 : « C’était un traitement héroïque, très agressif basé sur une certaine théorie qui s’avéra être fausse. »

Les traitements que reçurent les patients de Cameron n’étaient pas un secret pour Lehmann. « J’étais au courant, et je n’ai pas approuvé » dit-il. « Mais pas pour des raisons morales. Je ne croyais pas en sa théorie. »

Lehmann, par contre, avait ses propres théories — et il pratiqua ses propres expériences, avec des résultats fatals dans certains cas.

Derrière la façade

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Une investigation supportée par le Fond pour le journalisme d’investigation, Washington, D.C.
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Acclamé comme étant l’un des chefs de file de la médecine canadienne, Lehmann a été décrit comme étant un Montréalais qui a façonné le cours de la psychiatrie moderne. On le considère comme étant le premier en Amérique du Nord à avoir utilisé des prétendues drogues antipsychotiques sur des patients, amenant le traitement de la maladie mentale au-delà de la destruction ou de l’enlèvement de tissus du cerveau comme c’était le cas avec la psychochirurgie ou les chocs électriques ou à l’insuline.

La drogue ayant rendu ce changement radical possible était la chlorpromazine, vendue au Canada sous le nom de Largactil et de Thorazine aux États-Unis.

Lehmann, né en Allemagne et arrivé à Montréal en 1937, est celui à qui on accorde l’introduction de l’utilisation de la drogue sur des patients psychiatriques en 1953.

En 1955, la chlorpromazine était utilisée dans chaque institution psychiatrique majeure au Canada et aux États-Unis.

Lehmann en vint à recevoir pratiquement chaque récompense médicale et psychiatrique importante, canadienne et américaine, pour ses travaux.

Ces récompenses incluaient, en 1957, la Récompense annuelle du mérite de l’Association canadienne de la santé mentale et la Récompense Albert Lasker de l’Association de santé publique américaine. En 1976, il reçut l’Ordre du Canada, la plus haute distinction honorifique du pays.

Pourtant, pendant que Lehmann était célébré dans les cercles psychiatriques pour son soi-disant dévouement pour ses patients, des enquêtes révèlent que plusieurs d’entre eux ont vécu des morts affreuses durant ses expériences. Des preuves montrent également que, routinièrement, Lehmann ignorait les droits des patients, l’éthique médicale et les effets secondaires des drogues, et que bien qu’il ait été acclamé comme héros, ce « médecin » n’avait même pas un permis médical valide au Québec durant les 26 années où la majorité de son travail fut fait.

Également, des documents obtenus du gouvernement canadien révèlent que l’utilisation que fit Lehmann de la chlorpromazine — connue en tant que neuroleptique (« saisir les nerfs ») — sur des patients psychiatriques était, en fait, illégale. Durant les années 50, la drogue n’était autorisée que comme aide pour les problèmes de sommeil et elle ne fut autorisée comme neuroleptique au Canada qu’au début des années 60.

Faire le mal en toute impunité

Des documents obtenus par le bureau canadien de la Commission des citoyens sur les droits de l’homme (CCDH) révèlent que Lehmann a mené des centaines d’expérimentations humaines, de la fin des années 1930 jusqu’au début des années 1970. Entre 1955 et 1973 uniquement, il en a mené plus de 330 — l’équivalent d’une nouvelle expérience toutes les trois semaines.


Expérimenter le contrôle du mental : Durant les années qui suivirent la révélation de l’infâme contrôle du mental, l’expérimentation abusive de la psychiatrie au Canada a été attribuée uniquement à Ewen Cameron (photographie) ; il n’était pas le seul et des collègues proches comme Heinz Lehmann, qui mourut en 1999, étaient intimement impliqués dans les expériences en vue de contrôler le mental, mais ils ne furent jamais tenus responsables.
Avant son travail avec la chlorpromazine, il était impliqué dans des lobotomies, des traitements de choc et l’utilisation de drogues et de poisons sur des patients.

« Nos deux principales thérapies étaient le coma hypoglycémique produit par l’insuline et les chocs électroconvulsifs (ECT) pour la schizophrénie et des troubles affectifs, écrivit Lehmann. La paraldehyde et les barbituriques étaient pratiquement nos seuls moyens pour réprimer l’agitation et la violence en plus de l’utilisation de la contrainte physique et de l’isolement .... 70 à 80 pour cent des patients rechutaient.... Les traitements étaient très envahissants, encombrants et souvent dangereux. »

Cette dernière admission apparemment manquait de remords ; selon ses dossiers, Lehmann n’a jamais cherché à réduire ses traitements ni cherché de moyens moins nuisibles.

Le psychiatre raconte négligemment « l’utilisation d’oxyde pur d’azote par inhalation jusqu’au point où il y avait une perte complète de conscience », l’injection « d’huile de soufre qui était douloureuse et causait une fièvre », ainsi que l’injection de térébenthine dans les muscles abdominaux d’un patient pour créer un abcès afin de voir si une « forte fièvre » produite par une infection pouvait chasser une maladie sévère préexistante.

Lehmann administra également du bioxyde carbonique aux patients, un « traitement » atroce. Cependant Lehmann raconta ces tests d’une manière sinistrement joyeuse : « Il devrait être noté que le traitement au bioxyde carbonique était si répugnant qu’un patient chroniquement muet promit qu’il parlerait si on lui épargnait un autre traitement ! »

Quand ses expériences avaient des résultats fatals, il n’y avait aucune conséquence pour Lehmann qui agissait impunément sur ces internés sans visage et sans nom des cliniques psychiatriques du Québec entre les années 1940 et 1960.

« Vous devez prendre certaines chances »

Les registres officiels mentionnent que Lehmann a introduit la chlorpromazine à Montréal en mai 1953 alors qu’il travaillait à l’Hôpital protestant de Verdun (renommé depuis Hôpital Douglas).

Lehmann et un collègue, Gorman Hanrahan, ont publié un article en 1954 préconisant l’utilisation psychiatrique de chlorpromazine après que la drogue ait été testée sur 74 patients. Ils ont écrit sur les résultats qui ont engendré leur enthousiasme pour la drogue :

« Les patients recevant la drogue deviennent léthargiques. Souvent les patients dépressifs ne s’objectent pas à se reposer et les patients difficiles à diriger deviennent dociles. Le comportement agressif et interférant cesse presque entièrement. Les patients sous traitement montrent un manque d’intérêt spontané pour leur environnement.... Ils ont tendance à rester silencieux et immobiles lorsqu’ils sont laissés seuls et ils répondent aux questions d’une manière monotone... Certains patients n’aiment pas le traitement et se plaignent de leur somnolence et de leur faiblesse. Certains disent qu’ils se sentent « complètement à plat », comme après une maladie épuisante, ce qui est d’ailleurs conforme à leur aspect. »

Lehmann connaissait les effets extrêmes et parfois mortels de la drogue, la décrivant lui-même comme « un remplaçant pharmacologique de la lobotomie ». Malgré les vastes preuves accumulées dans les années 1950 et au début des années 1960 de ses dangers, il ne diminua pas son allure.

En 1965, par exemple, il mena une étude intitulée « Pigmentation de la peau, un effet secondaire rare de la chlorpromazine », après que des patients à Verdun développèrent une « pigmentation bleue ardoise du visage et des avant-bras » avec la chlorpromazine. Il expérimenta avec 15 patients, concluant qu’on trouve une « décoloration de peau grisâtre-brunâtre-bleuâtre » chez les patients qui ont reçu à forte dose la drogue pendant une durée de temps considérable.

Des photos en noir et blanc accompagnant l’étude sont frappantes et inquiétantes, mettant en évidence un patient avec une décoloration de peau sévère décrite dans l’étude comme étant « une complexité de violet, gris, brun, bleu et jaune. »

Dans une étude datant de 1967, Lehmann et des collègues expérimentèrent sur 38 patients, leur administrant des doses allant de 200 à un niveau stupéfiant de 3 200 milligrammes.

Lehmann déclara plus tard au Montreal Gazette qu’il donna de « cinq à six fois la dose habituelle » de chlorpromazine en expliquant que « vous devez prendre certaines chances... J’ai été chanceux que mon traitement fonctionne, dit-il, mais j’étais anxieux durant les premières semaines. »

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